Le CD Tenerife a annoncé le décès de son attaquant Jesús de Miguel, quelques heures après son hospitalisation à la suite d’un violent choc avec le gardien d’Andorre, Jesús Owono. Une nuit d’angoisse et d’attente s’est ainsi achevée par une nouvelle tragique qui a bouleversé le football espagnol.
L’attaquant avait été blessé lundi, lors de la rencontre de deuxième division espagnole entre les deux équipes au stade Heliodoro Rodríguez López. Les dernières minutes du match avaient alors laissé place à une urgence médicale, interrompant la rencontre.
L’incident s’est produit lorsqu’Owono est sorti loin de sa surface pour tenter de dégager un long ballon près de la ligne médiane. Il a percuté De Miguel, qui s’est effondré, inconscient. Les secours sont immédiatement intervenus, tandis que l’arbitre a expulsé le gardien.
Le jeu a été interrompu alors que le score était de 2-2. La rencontre a ensuite été suspendue après que les capitaines et les responsables des deux clubs ont indiqué que les joueurs étaient trop éprouvés psychologiquement pour reprendre. L’attaquant a quitté la pelouse sur une civière avant d’être évacué en ambulance.
Durant son transfert à l’hôpital, le joueur a subi un arrêt cardiorespiratoire nécessitant une réanimation. Admis en soins intensifs à l’hôpital universitaire Nuestra Señora de Candelaria, il avait d’abord été annoncé dans un état grave mais stable, tout en restant inconscient.
L’espoir s’est amenuisé au fil des heures, Tenerife annonçant une dégradation de son état neurologique avant de confirmer son décès, mardi 3 novembre à 8 heures, à l’âge de 30 ans. « Nous sommes anéantis par la douleur et peinons à croire que cela soit réel », a déclaré le club dans son hommage.
Les images du choc ont suscité de la colère et des appels de certains supporters, sur les réseaux sociaux et les forums, à engager des poursuites pénales contre le gardien. Les débats portent sur la question de savoir si cette intervention dépassait les risques habituellement liés à la pratique du football. Après l’incident, Andorre avait adressé un message de soutien au joueur, à sa famille et à Tenerife, en lui souhaitant un rétablissement.
L’article 142 du Code pénal espagnol prévoit une peine d’un à quatre ans de prison lorsqu’une personne cause la mort d’autrui par imprudence grave. L’application de cette qualification à un fait de jeu dépendrait toutefois de l’établissement, par la justice, de la responsabilité pénale et du lien de causalité, notamment au regard de l’intervention et des éléments médicaux, indépendamment de l’expulsion.
De Miguel avait construit sa carrière dans plusieurs clubs, dont Navalcarnero, Unionistas et Castellón, avant de rejoindre Tenerife à l’été 2025. Sa famille a demandé le respect de sa vie privée dans ces heures douloureuses. « Nous sommes aux côtés de sa famille, de ses proches et de tous les supporters de Tenerife », a ajouté le club.




