La télévision d’État chinoise CCTV a suspendu la diffusion des matchs de la Liga espagnole à la suite de la polémique suscitée par des propos attribués à Kylian Mbappé, les répercussions de la crise dépassant désormais le cadre des contrats publicitaires de l’attaquant du Real Madrid pour toucher directement les téléspectateurs.
L’agence de presse espagnole EFE, citant le journal chinois The Paper, a rapporté que la décision est entrée en vigueur lundi soir, incluant également le retrait des publicités et des séquences vidéo dans lesquelles apparaît le capitaine de l’équipe de France.
La crise a éclaté après la diffusion virale d’un extrait de l’émission The Bridge, au cours duquel Mbappé évoquait un mème superposant son visage sur le corps d’un personnage qu’il qualifiait de « dictateur chinois », confiant qu’il s’agissait de l’un des montages qui le faisait le plus rire et qu’il l’utilisait avec ses amis.
Bien que Mbappé n’ait pas nommé explicitement Mao Tsé-toung, ses déclarations ont été associées à une image très répandue du fondateur de la République populaire de Chine. Face à l’amplification des critiques, les marques Dongpeng, Mengniu et Milkground ont annoncé la rupture de leur collaboration commerciale avec le joueur, tandis que la plateforme sportive Dongqiudi a remplacé son nom dans le classement du Ballon d’Or par une expression signifiant « personne inexistante ».
Ces mesures rappellent la crise traversée par la NBA en octobre 2019, lorsque Daryl Morey, alors directeur général des Houston Rockets, avait publié un message de soutien aux manifestations pro-démocratie à Hong Kong, entraînant la suspension de partenariats commerciaux et la déprogrammation de rencontres.
À l’époque, la star des Rockets James Harden avait déclaré : « Nous présentons nos excuses, nous aimons la Chine », tandis que Morey avait publié une mise au point assurant qu’il n’avait pas l’intention d’offenser les supporters ou les sponsors chinois, et que ses prises de position n’engageaient ni son équipe ni la ligue.
La NBA avait exprimé ses regrets quant au préjudice causé aux sentiments des fans chinois, avant que son commissaire Adam Silver ne réaffirme le soutien continu de la ligue à la liberté d’expression, plongeant les relations avec le marché chinois dans une période de tensions ayant affecté la diffusion, le sponsoring et les activités médiatiques entourant les matchs.
À peine deux mois plus tard, une crise similaire avait frappé la Premier League anglaise lorsque la télévision chinoise avait déprogrammé le choc entre Arsenal et Manchester City en décembre 2019, à la suite de publications de Mesut Özil dénonçant le traitement réservé à la minorité musulmane ouïghoure dans la région du Xinjiang et le silence des pays musulmans.
Arsenal s’était empressé de publier un communiqué sur la plateforme Weibo, précisant : « Le contenu publié reflète l’opinion personnelle d’Özil », réaffirmant l’engagement du club à ne pas s’immiscer dans la politique. La retransmission de leur rencontre face à Manchester City avait alors été remplacée à l’antenne par l’affiche opposant Tottenham à Wolverhampton.




