Il n’a pas fallu plus de 90 minutes à Manchester United pour transformer l’optimisme entourant sa nouvelle saison en de lourdes interrogations, après s’être incliné 2-0 sur la pelouse de Hull City lors de la journée d’ouverture de la Premier League, avec une prestation qui rend cette défaite bien plus inquiétante qu’une simple perte de trois points.
Hull est entré dans la rencontre avec le courage d’une équipe qui n’a rien à perdre, exploitant la fébrilité de United sur les coups de pied arrêtés : Semi Ajayi a ouvert le score à la 17e minute, avant que le défenseur Noble Mendy n’agrandisse l’écart à la 38e minute pour sa première apparition, permettant aux locaux de regagner les vestiaires avec un avantage amplement mérité.
United a confisqué le ballon pendant de longues périodes, mais a cruellement manqué d’un véritable avant-centre dans son onze de départ, Matheus Cunha évoluant dans l’axe sans réel impact. Michael Carrick a tenté de corriger le tir en faisant entrer Marcus Rashford à la pause, puis en lançant Benjamin Šeško et Kobbie Mainoo, mais l’équipe est restée incapable de se créer des occasions franches face à un bloc défensif bien organisé.
La sévérité du résultat est d’autant plus marquante que Hull n’est pas un cadors du championnat, mais un promu de retour en Premier League après neuf ans d’absence. Les Tigers avaient terminé sixièmes de Championship la saison dernière avant d’arracher leur billet pour l’élite en battant Middlesbrough 1-0 en finale des barrages à Wembley.
Cette défaite confronte rapidement Carrick au revers de la médaille du succès qu’il avait bâti la saison dernière, lorsqu’il avait repris United à la septième place pour le guider jusqu’à la troisième marche du podium et une qualification en Ligue des champions. Durant cette période, le technicien anglais avait cumulé 12 victoires, 3 nuls et seulement 2 défaites en 17 matchs, décrochant un contrat permanent jusqu’en 2028.
Ce revers ne constitue que la troisième défaite de Carrick avec les Red Devils, ce qui n’efface pas le travail accompli, mais relance le débat sur la capacité d’un entraîneur intérimaire à bâtir un projet à long terme, d’autant que le rythme et le tranchant qui caractérisaient l’équipe sous ses ordres la saison dernière ont totalement disparu.
C’est ici que ressurgit le spectre d’Ole Gunnar Solskjær : le Norvégien avait pris les rennes de l’équipe à titre intérimaire en décembre 2018, remportant 14 de ses 19 premiers matchs avant que la direction ne le récompense par un contrat longue durée. Malgré des deuxièmes et troisièmes places décrochées en championnat et une finale de Ligue Europa, il avait quitté le club en novembre 2021 sans le moindre titre, la belle histoire s’étant transformée en un chantier inachevé.
La direction de United a pourtant tenté de soutenir Carrick cet été en remodelant le milieu de terrain, recrutant Andrey Santos en provenance de Chelsea pour environ 50 millions de livres sterling et Youri Tielemans d’Aston Villa pour 35 millions, en plus de l’arrivée libre du gardien Karl Darlow. Le club a également investi sur l’avenir avec Cristian Orozco, Teynan Thompson et Kit Margetson, mais ce revers a révélé la nécessité persistante d’apporter davantage de profondeur et d’équilibre à l’effectif.
Carrick n’aura pas beaucoup de temps pour encaisser le coup, puisque Manchester United recevra Ipswich Town à Old Trafford le dimanche 30 août lors de la deuxième journée. Sur le papier, cette rencontre apparaît comme une occasion idéale de se racheter, mais affronter un autre promu s’apparentera davantage à un test psychologique qu’à une simple formalité.




