La crise traversée par Gianni Infantino ne réside plus uniquement dans un plan économique contesté par les instances du football mondial. En quelques jours, la situation s’est transformée en une bataille politique interne—marquée par le rejet ferme d’Arsène Wenger—qui menace sa réélection à la tête de la FIFA. La pression s’intensifie alors que la rébellion gagne l’interne et que l’Europe s’active pour lui trouver un rival.
Arsène Wenger se désolidarise totalement du projet d’Infantino
Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA, s’est officiellement et publiquement désolidarisé du plan d’Infantino visant à créer une entité commerciale pour céder une partie des droits de la Coupe du Monde à des investisseurs privés.
« Je n’ai pas été impliqué dans ce plan stratégique et j’ai découvert le projet dans la presse », a déclaré l’ancien entraîneur d’Arsenal. « Le retrait du projet était absolument nécessaire et indiscutable, car je crois fermement en une FIFA indépendante, engagée au service de notre sport dans la transparence et l’intégrité. »
Ce désaveu de Wenger constitue un coup dur majeur pour Infantino, compte tenu de l’importance du poste occupé par le Français au sein de l’organisation. Des rapports révèlent également que le secrétaire général Mattias Grafström n’avait pas été informé des détails de ce projet, qui visait à lever 4,2 milliards de dollars en cédant une participation minoritaire au sein d’une société évaluée à 20 milliards de dollars.
Isolement politique : La FIFA dément un appel à Donald Trump après les révélations de Wenger
Plusieurs médias ont affirmé qu’Infantino avait tenté de contacter le président américain Donald Trump et des membres de son administration pour trouver un soutien politique face à son isolement croissant suite à la prise de position de Wenger.
La FIFA a catégoriquement démenti ces accusations via un communiqué de son service de presse : « Le président de la FIFA n’a contacté ni le président des États-Unis ni aucun membre de son administration ces derniers jours. Ces informations sont totalement infondées. » Le Département d’État américain a également rejeté toute rumeur d’échange prévu entre Infantino et le secrétaire d’État Marco Rubio.
Dans le sillage du rejet de Wenger : L’offensive de l’UEFA menace la réélection d’Infantino
Dans la foulée de la contestation interne marquée par le désaveu de Wenger, l’UEFA a mené la riposte contre cette initiative. Les 55 fédérations membres ont rejeté toute cession d’actifs de la Coupe du Monde à des fonds privés. Avant le retrait du projet, l’instance européenne avait menacé de boycotter les réunions de la FIFA et d’entamer des procédures judiciaires, exigeant la conservation de l’ensemble des correspondances liées au dossier.
La Fédération anglaise (FA) demande désormais une révision globale de la gouvernance de la FIFA, le Pays de Galles a retiré son soutien à Infantino, et la Fédération suédoise a confirmé que des démarches sont en cours en Europe pour présenter une candidature alternative. Alors qu’il semblait promis à un nouveau mandat sans opposition, Gianni Infantino s’apprête à livrer son combat politique le plus incertain depuis son élection en 2016.




