La Fédération saoudienne de football a annoncé qu’elle maintenait son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino, alors que le dirigeant suisse traverse la plus importante vague d’opposition depuis son arrivée à la tête de l’instance en 2016.
Cette position a été adoptée à l’issue d’une réunion du conseil d’administration de la fédération saoudienne, qui a salué l’abandon du projet « FIFA Forward Enterprise », la reconnaissance par la direction de la FIFA des erreurs commises dans la gestion de ce dossier, ainsi que son engagement à réviser ses procédures et à renforcer la gouvernance et la transparence.
Tout en demandant que ces engagements soient concrètement appliqués et qu’un dialogue direct soit ouvert avec les confédérations et les fédérations nationales, la fédération saoudienne a renouvelé son appréciation du travail accompli par Infantino depuis près d’une décennie. Elle a également soutenu ses efforts visant à rétablir l’unité de la famille du football et à poursuivre le développement mondial de la discipline.
Cette prise de position revêt davantage d’importance que l’annonce faite en avril par Yasser Al-Misehal, qui avait soutenu la candidature d’Infantino pour un nouveau mandat jusqu’en 2031. Elle intervient après la crise provoquée par le projet d’ouvrir les activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés, une initiative qui a entraîné de profondes divisions et conduit plusieurs fédérations à retirer leur soutien au président actuel.
Le communiqué a également été publié trois jours seulement avant les élections de la fédération saoudienne, prévues le 30 août, auxquelles Badr Al-Reziza se présente comme candidat unique pour succéder à Al-Misehal. Le calendrier de cette annonce confère au soutien à Infantino un caractère institutionnel dépassant la personne du président sortant, ce qui laisse penser que le nouveau conseil maintiendra la même orientation, notamment à l’approche de la phase intensive des préparatifs saoudiens pour la Coupe du monde 2034. Al-Reziza n’a toutefois pas encore annoncé de position personnelle.
Le camp favorable à Infantino comprend la Confédération africaine de football, dont le président Patrice Motsepe a confirmé le soutien des 54 fédérations africaines, ainsi que l’Arabie saoudite, le Maroc, l’Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït, la Mauritanie, le Liban et le Soudan. L’Argentine, le Paraguay, le Mexique et plusieurs fédérations asiatiques et caribéennes le soutiennent également.
De son côté, l’UEFA dirige le front d’opposition, auquel participent des responsables de la Confédération asiatique et de la CONCACAF, notamment Aleksander Čeferin, Sheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa et Victor Montagliani. Les fédérations d’Angleterre, du Pays de Galles, d’Irlande, de Grèce, d’Albanie, de Croatie, de Serbie et de Nouvelle-Zélande ont également retiré leur soutien ou déclaré avoir perdu confiance en Infantino, tout comme celles de Suède, de Norvège, du Danemark, de Finlande, d’Islande et des Îles Féroé.
L’élection présidentielle de la FIFA doit se tenir au Maroc le 18 mars 2027. En cas de scrutin disputé, 106 voix seront nécessaires pour l’emporter. Aucun adversaire officiel d’Infantino ne s’est encore déclaré, tandis que Čeferin a exclu de se présenter. Montagliani et Sheikh Salman restent parmi les principaux candidats potentiels, et le soutien officiel de l’Arabie saoudite renforce l’influence de sa position en Asie et dans les calculs entourant la prochaine bataille électorale.




