Les supporters du Real Madrid s’en sont pris à Barcelone, à son président Joan Laporta ainsi qu’au président de la Liga, Javier Tebas, lors de la réception de Séville au stade Santiago Bernabéu, poursuivant la joute verbale qui s’est enflammée ces derniers jours.
Selon la Cadena SER, les protestations ont débuté dès les premières minutes lorsque le groupe de supporters « Grada Fans » a déployé une banderole et entonné des chants visant directement les instances du football espagnol et le club catalan.
Sur la banderole figurait l’inscription : « Ce n’est pas du football… c’est Tebas et Negreira », les noms de Tebas et Negreira étant écrits en bleu et rouge, en référence directe au Barça et à l’affaire des versements effectués à l’ancien responsable de l’arbitrage.
Les travées ont scandé plusieurs slogans, parmi lesquels : « Tebas, démission », « Corruption à la Fédération », « Negreira arbitre encore » ou encore « Laporta continue de payer », mêlant réclamations de départ du patron de la Liga et accusations liées au corps arbitral.
Ces chants font écho aux sommes versées par le FC Barcelone à des sociétés liées à José María Enríquez Negreira, ancien vice-président du Comité technique des arbitres. Le club catalan nie fermement tout achat d’arbitres ou volonté d’influencer les résultats, affirmant que ces montants répondaient à des prestations de conseils et de rapports techniques.
Cette fronde fait suite au communiqué officiel publié vendredi par le Real Madrid en réplique aux propos de Tebas, qui avait comparé les méthodes de communication du club et de sa chaîne de télévision à la propagande de Joseph Goebbels sous le régime nazi. Le club merengue déclarait notamment : « Le Real Madrid exige sa démission immédiate de la présidence de la Liga et de son poste de vice-président de la Fédération espagnole de football. »
Tebas a réagi à ce communiqué en défendant l’action de la ligue dans l’affaire Negreira et en rejetant toute accusation de passivité, avant d’ajouter : « Tout cela porte un nom : l’intimidation. L’enrober d’un communiqué officiel n’en fait pas une réforme », accentuant l’escalade verbale avec la direction madrilène.
De son côté, Joan Laporta s’était invité dans le débat samedi avant la rencontre entre Barcelone et le Betis en apportant son soutien au patron de la Liga : « Nous avons de la chance d’avoir Javier Tebas pour faire face à ces attaques du Real Madrid » — des propos qui ont précédé son ciblage par les chants du Bernabéu.
Ce climat délétère survient à une semaine seulement du Clásico prévu le dimanche 25 octobre au Camp Nou, accentuant la tension autour de ce choc. Le différend s’est désormais transposé des communiqués officiels vers les tribunes, alors que les deux géants espagnols s’apprêtent à en découdre directement pour la première fois de la saison en championnat.




