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Un bail de 4M$ à la Trump Tower : La FIFA de nouveau ciblée pour conflit d’intérêts

Gianni Infantino se retrouve confronté à une nouvelle crise interne au sein de la FIFA, alors que des documents financiers révèlent l’existence d’un partenariat commercial controversé entre l’instance dirigeante du football mondial et une entité liée à la famille du président américain Donald Trump.

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L’affaire ne concerne pas un virement personnel effectué par Infantino au profit de Trump, mais un bail à long terme souscrit par une filiale de la FIFA pour l’occupation de bureaux d’apparat au sein de la célèbre Trump Tower à New York, en dépit d’interrogations internes quant à leur utilité réelle.

Le quotidien Le Monde, s’appuyant sur des révélations publiées conjointement avec The New York Times, a dévoilé que le montant total du bail frôle les 4 millions de dollars (soit environ 3,57 millions d’euros) pour une durée de plus de sept ans.

Pourquoi ces locaux de la FIFA déclenchent-ils la polémique ?

Signé en juin 2025, le contrat court jusqu’à la fin de l’année 2032 — soit plus de six ans après la conclusion de la Coupe du Monde 2026 — et concerne une surface de près de 450 mètres carrés situés au 17e étage du gratte-ciel.

Les fonds sont versés à la société « Trump Tower Commercial LLC », présidée par Eric Trump, fils du président américain. Or, des sources internes actuelles et anciennes de la FIFA affirment que ces locaux sont restés déserts la majeure partie du temps, sans aucun personnel permanent sur place.

La FIFA s’acquitte d’un loyer annuel d’environ 470 000 dollars (soit près de 41 000 dollars mensuels), auquel s’ajoute une facture complémentaire d’environ 100 000 dollars au titre des travaux d’aménagement, d’électricité et de rénovation.

Selon les pièces consultées, le choix de la Trump Tower découlerait d’une volonté explicite de Gianni Infantino, sans mise en concurrence ni étude comparative d’autres opportunités immobilières, à l’inverse des procédures rigoureuses appliquées lors de l’implantation des bureaux principaux à Miami.

Les rapports indiquent également que la quasi-totalité des collaborateurs de la FIFA ignorait les clauses du contrat, tandis qu’il reste impossible de déterminer si la commission des finances de l’instance a discuté ou validé l’engagement avant sa signature.

La FIFA défend la transaction, les soupçons de conflit d’intérêts persistent

La FIFA s’est défendue en affirmant que le montant du loyer était parfaitement conforme aux prix du marché et que le bail respectait scrupuleusement la législation locale ainsi que ses statuts internes.

L’institution a ajouté que cet espace était destiné à accueillir des réunions stratégiques, des événements privés et des délégations de fédérations et de gouvernements, notamment en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, qualifiant de logique sa présence dans une métropole mondiale comme New York.

Néanmoins, Miguel Maduro, ancien président de la commission de gouvernance de la FIFA, a tiré la sonnette d’alarme, soulignant que la location de locaux appartenant à une entité liée au chef d’État d’un pays co-hôte du Mondial constituait un conflit d’intérêts flagrant.

Cette affaire s’ajoute à une suite d’épisodes ayant déjà jeté le trouble sur la proximité entre Infantino et Trump, parmi lesquels l’attribution d’un « Prix de la Paix FIFA » à ce dernier, l’allègement de la sanction disciplinaire visant l’international américain Folarin Balogun après un échange téléphonique, ou encore un précédent projet d’investissement impliquant des cercles proches de la famille Trump.