La Liga et la Fédération royale espagnole de football (RFEF) ont mis sur pied un plan précautionneux pour protéger le corps arbitral, convaincues que le Real Madrid pourrait intensifier sa campagne de contestation à l’encontre du système d’arbitrage via sa chaîne officielle au cours des prochaines semaines.
Cette initiative intervient dans la foulée de la vive polémique née lors du succès étriqué du Real Madrid face à Villarreal (1-0), marqué par l’expulsion de Vinícius Júnior et l’annulation d’un but inscrit par le Brésilien après intervention de l’assistance vidéo.
Le club merengue a achevé la rencontre en écopant de neuf cartons distribués entre ses joueurs et les membres de son staff technique, malgré seulement huit fautes commises. Cinq joueurs ont été avertis, l’entraîneur des gardiens Nuno Santos a été expulsé, tandis que l’entraîneur José Mourinho et le délégué Chendo ont écopé d’un avertissement.
Real Madrid TV a livré un réquisitoire sévère contre l’arbitrage, dénonçant une « duplicité dans l’application des critères » et reliant ces récentes décisions à l’affaire Negreira tout en accusant le système de « corruption systémique » — des accusations qu’aucune instance sportive ou judiciaire n’a validées.
En face, des voix internes à la commission technique des arbitres estiment que l’intervention de la VAR pour expulser Vinícius était fondée, tout en s’alarmant du climat délétère entourant chaque sortie du club merengue, estimant que les critiques dépassent la simple analyse des erreurs pour jeter le discrédit sur l’intégrité de la compétition.
La genèse de la colère madrilène remonte au derby face à l’Atlético de Madrid, lorsque Kang-in Lee n’avait pas été expulsé malgré un tacle appuyé sur Federico Valverde. La commission avait par la suite reconnu que l’action méritait un carton rouge, offrant au club un nouvel argument pour dénoncer une politique de deux poids, deux mesures.
Les détails de ce plan d’urgence n’ont pas encore filtré, et son activation n’entraîne pas nécessairement l’ouverture de poursuites disciplinaires à l’encontre du Real Madrid. Pour les instances arbitrales, la « ligne rouge » infranchissable réside dans l’accusation de préméditation ou de corruption avérée, et non dans la simple contestation de décisions techniques.
Ce dossier s’avère d’autant plus sensible à l’approche du déplacement du Real à Séville, puis du Clasico face au Barça au Camp Nou le 25 octobre prochain — une affiche que Vinícius pourrait manquer en raison de sa suspension, faisant redouter une escalade médiatique d’une rare intensité.




