Cristiano Ronaldo a brisé le silence pour livrer sa version des faits concernant la crise qui a conduit à son départ du rassemblement de l’équipe du Portugal. Il a affirmé que le problème n’a jamais été son statut de remplaçant, mais bien une perte totale de confiance envers Jorge Jesus après que le sélectionneur est revenu à deux reprises sur ses engagements.
Ronaldo a expliqué qu’il était prêt à prendre sa retraite internationale après la Coupe du monde 2026, ayant même rédigé une lettre d’adieu au peuple portugais qu’il conserve toujours. Cependant, Pedro Proença, président de la fédération, a insisté lors du vol retour des États-Unis pour le convaincre de continuer, avant de lui demander son avis sur la nomination de Jesus — un choix soutenu par l’attaquant : « C’était la bonne décision, et les résultats le prouvent. »
Le capitaine portugais a révélé que Jesus l’avait ensuite rencontré pour lui assurer qu’il était « essentiel au projet », établissant un temps de jeu planifié où Ronaldo ne disputerait que le premier et le dernier match de la trêve. Le technicien lui avait proposé de rester à Lisbonne plutôt que de faire les déplacements en Norvège et au Danemark, ce que le joueur a refusé : « Ce n’est pas parce que je ne joue pas que je cesse d’être le capitaine. Bénéficier du privilège de rester au Portugal n’aurait pas montré le bon exemple. » Jesus a alors accepté sa présence avec le groupe.
Ronaldo a ajouté que le sélectionneur lui avait rendu visite à son domicile avant le début du rassemblement pour réaffirmer ces principes. Le quintuple Ballon d’Or a ensuite débuté la rencontre face au Pays de Galles au stade José Alvalade. Lors de sa sortie, il a lui-même remis le brassard à Bruno Fernandes : « Je n’imaginais pas que c’étaient peut-être mes derniers pas en tant que joueur et capitaine de la sélection… Seule la victoire de l’équipe m’importait. »
La situation a basculé le jour du match contre la Norvège lorsque Jesus l’a sollicité pendant le déjeuner pour lui demander s’il pouvait jouer 30 minutes, bien que cela ne figurât pas dans son programme de récupération. Ronaldo a donné son accord et s’est préparé à entrer, mais raconte : « Je me suis échauffé dès le début de la seconde période et j’ai vu les minutes défiler sans être appelé… Le sélectionneur n’a pas tenu sa parole. »
Ronaldo a reconnu son erreur d’avoir regagné directement les vestiaires sans saluer les supporters : « C’est une faute dont je réfère l’entière responsabilité et qui n’aurait pas dû se produire », présentant ses excuses au public portugais et aux fans ayant fait le déplacement. 48 heures plus tard, il a provoqué une réunion avec Jesus et Simão Coutinho, au terme de laquelle le technicien devait reconnaître publiquement être l’auteur du plan de rotation et admettre que faire échauffer Ronaldo sans le faire entrer était une erreur qu’il ne répéterait plus.
Selon la version de Ronaldo, Jesus a demandé la rédaction d’un bref document résumant les points à aborder en conférence de presse, validé personnellement par le joueur. Pourtant, le sélectionneur s’est présenté devant les médias avec un discours totalement différent. « J’ai entendu des phrases et un ton agressif non justifiés, une posture dictée par : ‘Je veux, je peux et c’est moi qui décide’ », a déclaré Cristiano, ajoutant : « C’était la seconde fois qu’il manquait à sa parole. »
Ronaldo a insisté sur le fait que son départ était motivé par cette rupture de confiance et non par une contestation tactique : « En près de 25 ans de carrière, je ne me suis jamais immiscé dans une décision technique ou tactique d’un entraîneur. » Il a également présenté ses excuses à ses coéquipiers pour son départ prématuré et a demandé à la fédération de ne pas alléger sa sanction : « Je ne suis pas un joueur ordinaire, je suis le capitaine de la sélection, ce qui rend la faute d’autant plus grave. »
Malgré cet épisode, Ronaldo a laissé la porte ouverte à un retour une fois sa sanction purvée, refusant de réduire son histoire avec le Portugal à un simple match d’adieu. Il a conclu : « Si je suis en forme, que je joue avec mon club et que je marque des buts, je serai disponible après ma sanction pour me battre et gagner avec notre sélection, comme je l’ai toujours fait. C’est, croyez-moi, la pure vérité. »




