Le Tribunal fédéral suisse a rejeté le recours déposé par Ramadan Sobhi contre sa suspension de quatre ans, rendant la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) définitive, exécutoire et irrévocable au terme des voies de droit ordinaires.
Ce jugement met fin à un feuilleton juridique de plus de deux ans et place l’ailier de Pyramids FC face à une réalité extrêmement lourde : une interdiction qui ne le prive pas seulement de matchs officiels, mais l’éloigne également des entraînements collectifs et des installations des clubs pendant la majeure parte de sa sanction.
Les origines de l’affaire
L’affaire remonte au 21 août 2023, lorsque le joueur a été soumis à un contrôle hors compétition. Le laboratoire accrédité par l’AMA à Barcelone a conclu que le premier échantillon ne présentait pas les caractéristiques physiques de l’urine humaine. La sanction n’a pas été prononcée pour la détection d’une substance interdite, mais pour l’usage ou la tentative d’usage d’une méthode interdire visant à falsifier l’échantillon.
L’Organisation égyptienne anti-dopage (EADO) avait suspendu le joueur à titre provisoire le 26 mai 2024, avant que le comité d’écoute égyptien ne blanchisse le joueur le 30 juillet, levant la suspension. L’Agence mondiale antidopage (AMA) a ensuite interjeté appel devant le TAS en septembre de la même année.
Le 26 novembre 2025, le TAS a annulé la décision égyptienne, estimant que Sobhi avait ajouté un liquide différent de l’urine dans le flacon, altérant son intégrité et sa viabilité pour analyse. Le TAS lui a infligé quatre ans de suspension, déduction faite de la période de suspension provisoire déjà purgée. Le rejet du recours par le Tribunal suisse ferme définitivement la dernière voie d’appel ordinaire.
Les conséquences pour le joueur et Pyramids FC
En vertu de l’article 10.14 du Code mondial antidopage, Ramadan Sobhi ne peut participer à aucune compétition ni activité sportive organisée par un signataire du Code. Il lui est interdit de s’entraîner avec Pyramids FC ou tout club affilié à une fédération nationale, ainsi que d’utiliser les infrastructures d’un club à des fins d’entraînement pendant la durée de la peine.
Le joueur ne pourra réintégrer les entraînements collectifs et utiliser les installations d’un club que lors des deux derniers mois de sa suspension (la durée la plus courte par rapport au dernier quart de la sanction), tout en restant inéligible pour les matchs officiels jusqu’à l’expiration complète de la peine.
Concernant son contrat avec Pyramids FC, qui court jusqu’en 2028 selon des médias égyptiens, la confirmation de la sanction n’entraîne pas sa résiliation automatique, le règlement de l’AMA ne l’imposant pas. Toutefois, l’impossibilité pour le club de bénéficier du joueur jusqu’au terme de son engagement fait de la séparation le scénario le plus réaliste, que ce soit par résiliation pour juste cause ou via un accord à l’amiable.
De la lumière au déclin
Ramadan Sobhi a débuté en équipe première avec Al Ahly en 2014, à seulement 17 ans, s’imposant rapidement comme l’un des plus grands espoirs du football égyptien. Il a ensuite rejoint Stoke City en 2016 puis Huddersfield, avant d’effectuer son retour à Al Ahly et de guider la sélection olympique au titre lors de la CAN U23 en 2019.
Transféré à Pyramids FC en 2020 pour environ 2,5 millions de livres sterling, il y a remporté la Coupe d’Égypte et la Ligue des champions de la CAF. Mais des blessures à répétition et un déclin en sélection ont précédé l’affaire de dopage, parallèlement à une condamnation dans une affaire distincte de fraude à un examen, assortie d’une peine d’un an de prison avec sursis.
En comptabilisant la période de suspension provisoire déjà effectuée, Sobhi ne pourra pas refouler les terrains avant l’automne 2029, date à laquelle il aura 32 ans. Si un retour reste juridiquement possible, sa faisabilité sportive s’annonce extrêmement complexe après plusieurs années sans compétition ni entraînement collectif régulier.




